La zététique : késako ? (Partie 1/2)

Lors d’une discussion avec un ami, j’ai par hasard découvert ce petit nom étrange au zézaiement délicat.

Tiens, ça existe donc, ça ? me suis-je demandé.

Eh bien oui ! La zététique, ça veut dire quelque chose et c’est même tout ce qu’il y a de plus sérieux. La preuve, il y a plein de sites qui se font la guéguerre pour se réclamer du nom.

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Source : https://radiobip.fr/site/zetetique/

Qu’est-ce donc que cette bête-là ?

Un art du discernement

Du grec zetetikos, « qui aime chercher », la zététique est tout simplement une méthode consistant à analyser théories et phénomènes en y appliquant une pensée rationnelle.

Elle se présente sous bien d’autres appellations, moins recherchées ou moins obscures, on jugera : art du doute, pensée critique, hygiène mentale… ou, pour les Anglo-Saxons, tout simplement « scepticisme« . Au pays de Molière, on juge apparemment ce terme trop péjoratif.

La zététique peut être considérée comme une manière de penser au quotidien ou bien s’appliquer de manière ciblée à des domaines spécifiques. Elle peut alors endosser une fonction plus pédagogique ou militante.

Ses cibles privilégiées : le paranormal, les médecines alternatives ou bien les « pseudo-sciences ». Elle s’étend également à toutes ces idées fausses qu’on véhicule ou reçoit avec trop peu de recul.

À l’ère des fake news, c’est bien sûr d’actualité. Mais n’oublions pas nos bons vieux préjugés, présents à toutes les époques de l’humanité et même chez les personnes a priori plutôt tolérantes. Beaucoup reposent sur le fameux « biais de confirmation« , autre nom savant qui recouvre juste notre tendance à retenir les informations confirmant nos opinions… et à faire abstraction du reste, parfois en toute bonne foi. Ce réflexe automatique de la pensée humaine est justement à la source de bien des conclusions hâtives, que la zététique s’attache à déconstruire.

À noter qu’aux États-Unis, pays où la religion tient une place bien plus importante que chez nous et a un véritable impact sur la société (politique, éducation, droits sexuels et contraceptifs), les sceptiques en font aussi un terrain de combat, notamment contre le créationnisme. En France, où la laïcité nous épargne ces inquiétudes, le champ du savoir et de la foi sont globalement séparés et les zététiciens laissent aux croyants la liberté de leurs convictions, se focalisant sur la recherche de la vérité factuelle.

Je m’égare…

Une rigueur dans la pensée : l’exigence de la preuve 

La zététique est friande d’étude du paranormal, et se consacre beaucoup à tester et déconstruire ce type de phénomènes. Mais on touche à des débats plus sensibles lorsqu’elle s’attaque à des disciplines d’ordre par exemple médical, véritables écoles dont les défenseurs se réclament bien du rationnel et non pas de l’occulte.

Pour la pensée scientifique, et a fortiori zététique, un phénomène n’est pas une vérité absolue parce qu’il a été observé. Tout domaine aspirant à la reconnaissance doit pouvoir être prouvé.

On touche là à un aspect de la science dont le grand public n’a pas forcément conscience : il ne suffit pas d’une seule étude ou conclusion pour considérer un fait comme avéré. Les théories testées doivent être réplicables à chaque fois qu’on en fait l’expérience, en variant les conditions. C’est tout le but des méthodologies élaborées comme le protocole en double aveugle.

(Addendum : comme un ami me le fait judicieusement remarquer, la démarche scientifique va en fait plus loin encore. Pour démontrer une théorie, un scientifique s’efforce en premier lieu de prouver… qu’elle est fausse ! Ce n’est que lorsque toutes les possibles objections ont été repoussées qu’il est en mesure d’en admettre la véracité.)

C’est là qu’est l’os pour des sujets comme l’homéopathie ou l’acupuncture. En l’absence de résultats avérés, leur valeur est remise en cause. Leur efficacité dans certains cas n’est pas suffisante pour les juger crédibles de manière globale. C’est particulièrement vrai lorsque les bases de la discipline suscitent la controverse : nombre d’experts considèrent que les hautes dilutions présentes dans l’homéopathie neutralisent tout possible effet du produit, et que les théories touchant à la « mémoire de l’eau » n’ont aucune solidité réelle.

Je crois que je commence à me faire longuette. Pour ceux que cela intéresse, rendez-vous demain pour une suite un peu plus personnelle à mes réflexions !

 

 

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Une réflexion au sujet de « La zététique : késako ? (Partie 1/2) »

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