Chronique ciné : Noce blanche

Dernier film visionné : Noce blanche de Jean-Claude Brisseau, avec Vanessa Paradis et Bruno Crémer.

5 - Noce blanche

Ce film m’a absolument bouleversée. Il raconte l’histoire d’amour entre Mathilde, une adolescente perdue (Vanessa Paradis) et son professeur de philosophie François (Bruno Crémer). Lui est un homme mûr, sans histoire, à l’existence posée. Elle est en dérive et sans racines, mère suicidaire et père négligent ; après plusieurs années d’errance, elle vit seule et laisse ses études comme son avenir aller à vau-l’eau. François décide de la prendre sous son aile ; ému par sa fragilité, stupéfait par sa vive intelligence et sa lucidité profonde, il aspire à la tirer vers le haut, vers la lumière. Il ne prévoyait pas qu’elle s’éprendrait de lui, qu’il deviendrait fou d’elle. Il est marié, elle a dix-sept ans, et pourtant rien ne compte.

C’est une idylle à la fois passionnelle et tout en pudeur, charnelle et intellectuelle, viscérale et pure. C’est une gamine au visage d’enfant mais dont les yeux ont vu plus de souffrance que d’autres en des dizaines d’années. Vanessa Paradis est provocante et désarmante, fragile, complexe, offerte tout entière et pourtant insaisissable. C’est elle qui s’avance vers un homme qui pourrait être son père, qui lui dit « N’aie pas peur » en guidant ses mains vers sa peau. Elle dont le douloureux passé le dépasse, elle qui réclame de vivre cet amour impossible, qui le pousse et le poursuit, dans son désespoir face à ce qui les sépare. Elle qui passera les limites, prête à tous les excès et tous les sacrifices — des sacrifices qu’il refuse d’accepter. Mais ce n’est ni en l’aimant, ni en la repoussant qu’il pourra la sauver.

Il y a des moments, multiples, qui vous restent… Des contacts, des regards, des étreintes éperdues. Une nuque frêle et un sourire, plus ensorcelants que toute la nudité du monde. Un professeur qui, dans sa classe, évoque la pensée nietzschéenne sur le philosophe qui refuse la vie au nom de la morale, la voix de plus en plus altérée par la pensée de tout ce que lui-même s’interdit. Deux êtres qui n’auraient pas dû s’aimer, mais nul n’y peut rien, c’est ainsi. Et une fin déchirante comme une lame…

C’est beau, tout simplement. Un film qui me restera.

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