Un peu de poésie

Projets et espoirs, cours en ligne, atelier de poésie et commentaires divers sur mes goûts et expériences dans ce genre…

Je m’efforce en ce moment de réorganiser mon temps de la manière la plus utile possible, entre le travail qui démarre de plus en plus (surtout les articles pour Le Huffington Post), ma traduction d’un second roman d’Anna Katharine Green, mes efforts pour une promotion plus active et des contacts avec lecteurs, bloggeurs et auteurs autopubliés et mes divers projets d’avenir. Autant par pur enrichissement personnel que pour me spécialiser plus tard professionnellement (ce qui peut s’avérer précieux, autant dans la traduction que pour d’autres pistes comme la rédaction web), j’aimerais apprendre et me cultiver autant que possible, et dans ce but, l’outil Internet peut s’avérer absolument inestimable.

Je me suis donc mise à creuser dans les cours et les ressources disponibles en ligne, et j’ai découvert les MOOC ou Massive Open Online Courses. C’était exactement ce que je cherchais. Mes envies sont multiples, un peu tout ce qui touche à la culture et aux sciences humaines — littérature et langues bien sûr, mais aussi arts, philosophie, psychologie, histoire, histoire des religions, politique, en bref tout ce qui touche à l’homme en tant qu’individu comme aux sociétés. Connaissant ma nature excessive, j’espère ne pas trop me perdre ! Pour l’instant, je furète, je tente à droite, à gauche.

J’ai débuté par le site Coursera, conseillé il y a déjà un moment par une amie néerlandaise. Il semble sérieux et intéressant et offre des possibilités qui m’attirent : j’ai déjà repéré un module sur la Grèce antique, la philosophie asiatique et le bouddhisme, plusieurs sur la psychologie… Difficile de faire un premier choix, même avec la contrainte des dates, mais mes doutes se sont envolés quand je suis tombée sur cet atelier de poésie.

Assuré par CalArts, l’institut des arts de Californie, et disponible en langue anglaise, il me permet de faire d’une pierre deux coups en me remettant à écrire… En effet, je suis en ce moment dans une période un peu intermédiaire. J’ai longtemps surtout écrit des fanfictions, petits textes basés sur des univers et des personnages déjà existants (romans, films ou séries). Vu mes difficultés à créer mes propres intrigues, cela me permettait de laisser libre cours à mon amour pour certaines œuvres tout en travaillant mon style et mes capacités d’écriture, recevant avis et conseils, échangeant et m’améliorant. Cette expérience m’a beaucoup apporté, et ce pendant des années. Je commence cependant réellement à m’en détacher, et à ressentir l’envie d’écrire des histoires qui soient uniquement à moi… Problème, il m’est toujours aussi difficile de trouver des sujets. (En général une idée de roman par an, que je prépare et garde au chaud afin de la travailler à fond pour le NaNoWriMo ou National Novel Writing Month, me « forçant » à produire 50 000 mots en un mois avant de retravailler à fond par la suite. C’est ainsi que sont nés La Houleuse et Funambules.)

Je vais continuer à travailler là-dessus, et j’espère avancer de plus en plus à ce niveau, mais autant l’admettre, pour l’instant, il y a un peu un blocage… Un blocage que la poésie pourrait m’aider à désamorcer. J’en ai énormément écrit dans mon adolescence, puis j’ai un peu arrêté, suite à un manque d’inspiration, une impression de ne plus me renouveler. J’étais à l’époque extrêmement rigoureuse sur les vers et la structure métrique, que je considérais comme un élément crucial pour la musicalité du poème, et j’appréciais moins la poésie plus moderne et plus libre, que je considérais comme certes magnifique, mais plus ou moins équivalente à de la prose différemment présentée. J’ai depuis le temps évolué, et j’aimerais explorer de nouvelles formes. Cela représenterait une nouveauté et un enrichissement non négligeables.

J’espère que cet atelier m’y aidera. J’ai déjà visionné une partie des contenus proposés ; ils m’ont été très utiles, car ils revisitent des notions de « base » que j’ai bien sûr étudiées en collège-lycée, mais en tirent parti du point de vue d’un poète et non d’un élève, non pas pour commenter, mais bâtir un poème, le travailler, le rendre unique. En étudiant en plus des exemples de poèmes, c’est très enrichissant. Les thèmes proposés pour écrire son propre poème et le soumettre aux commentaires des autres élèves m’ont pas mal inspirée, et j’ai eu l’impression « d’absorber » les conseils et techniques offerts pour en nourrir mon écriture, ce qui était assez surprenant à si court terme. Je ne suis pas trop mécontente de mes humbles petites créations et j’espère apprendre beaucoup de l’avis des autres participants.

Je devrais aussi lire plus de poésie, en plus des romans. J’aimerais tout particulièrement me plonger dans la poésie anglophone, connaissant déjà un peu la française. (J’adore Baudelaire et Aragon — il me faudrait par contre creuser un peu plus Rimbaud, qui ne m’avait pas tellement séduite dans mes jeunes années mais que je pourrais aujourd’hui découvrir d’un nouvel œil.) Je voue un amour immodéré à Sylvia Plath depuis ma lecture de son roman La Cloche de verre, qui m’a frappée en plein cœur, et ses journaux intimes m’ont aussi énormément intéressée — je m’y retrouvais, dans son hypersensibilité, son immense exigeance envers elle-même et sa perpétuelle insatisfaction, sa soif d’apprendre, de s’enrichir, de grandir, d’accomplir, d’aller au-delà d’elle-même à chaque minute. Sans parler de son penchant pour la poésie et ses difficultés, parfois, à trouver l’inspiration et ses propres intrigues. J’ai vraiment ressenti une proximité d’âme qui m’a bouleversée et j’adorerais découvrir plus de ses poèmes. Et j’adore « The Hollow Men » de T.S. Eliot ; cela me fait déjà deux pistes… À part cela, les classiques.

Pour les anglophones si cela vous intéresse, je partage mes petites créations dans le cadre de l’atelier (pré-commentaire et retravail).

(Étoiles entre les strophes car le site refuse de les séparer clairement.)

This week’s poetry prompts are:

Make A Still Life: Without All of That Messy Paint

In the tradition of the Imagists, write a poem that describes an object. Be as literal and vivid as possible. Pick up the object (if you can), look at it from as many different angles as possible. Consider its color, its weight, its texture, its material and write up a picture!

(Dans la tradition imagiste, écrivez un poème décrivant un objet. Soyez aussi littéral et vivant que possible. Prenez l’objet — si possible —, observez-le sous tous les angles. Observez sa couleur, son poids, sa texture, sa matière et faites-en le portrait !)

A blue clock 

Blue, it stands. A world

Of deepest, glittering blue;

Specked with the dull starlight of dust

Round, pregnant curve heavily full

Of quietly-counted time.

*

Quiet it pushes through each steady second

With its small steady song; brave little hands

Slipping or stumbling or grasping at the world

Or simply walking by.

*

They are a broken, asynchronous choreography, they

Come together, and then come apart;

Irrevocably bound by the duty of mission

In pointing at figures.

*

Time, time is a fragmented whole

Time exists and stretches, infinite;

And there the clock stands. Discreet

Unassuming and weighty in my palm

Blue glitter, roundness carrying me through the night.

Hello, My Name Is…: Title as Poem Catalyst

Think up a poem title structured as such: The [Concrete Noun] of [Abstract Noun]. So, like: “The Cheese of Time” or like “The Monkey of Holiness” or maybe “The Steak Knife of Despair.” If a title like that doesn’t get you going… Then, write a poem based on that title.

(Inventez un titre de poème suivant cette structure : Le [nom concret] de [nom abstrait]. Comme « Le Fromage du temps », « Le Singe du sacré » ou peut-être « Le Couteau à viande du désespoir ». Si un titre comme ça ne vous inspire pas… Écrivez ensuite un poème basé sur ce titre.)

The waters of silence

I stood by the river today. The rush came up

And filled my head with its quiet presence

Its power of motion; as water raced, it sang.

*

Endless, endless that song, and I breathed

In the freshness, the cool, boundless power

Of a thousand million drops, together in the flow.

*

I could hear nothing else. There were

No birds, no car, no light, muffled steps;

Nor the sound of my own heart. There should have been birds.

*

But the rushing melody possessed me

Possessed it all, and I could hear nothing else. It was

Smooth and old as the universe

Gliding coolly over stone.

*

I listened, listened harder—heard nothing

But that ancient, cold murmuring

And I felt small—vacant as one feels

In a great, empty room.

*

The space was too wide inside my chest, and

The river sang of eternity. It had me trapped, too

Transfixed and listening.

*

I did not move back. Did not

Raise my voice, attempt to defy the facts;

The world is a huge, imposing presence.

*

In the silence it looms like a sacred thing

Yet speaks, too, in such rushing tongues;

A mystery commanding and supreme.

*

I listened. I knew I was

But a tiny pebble to those rocks; I knew

That silence is never quite silence with life.

The universe was continuing its story

*

And I, wordlessly witness, stood quite still.

Silence does not exist, and yet

Silence held me. Water ran tangible

*

Smooth and icy cold to touch

I scarcely dared to dip my fingers in;

Moving nearer, the crowd of sound drowned me

And filled my lungs with moist fragrant air.

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