Chronique de lecture : Amertume de Guillaume Vaumartin

Je viens donc de terminer Amertume de Guillaume Vaumartin.

Ce recueil de nouvelles penche principalement vers le fantastique, bien que certaines soient plutôt réalistes. Le style en est noir, très noir, explorant les recoins obscurs de la nature humaine : la haine, les instincts meurtriers, le deuil. Les personnages sont souvent meurtris par un lourd passé, malmenés par la vie, le destin, les autres, ou tourmentés par des instincts mauvais. Certains sont beaucoup plus froids, voire d’une perversité totale…

Les intrigues fantastiques se basent souvent sur une menace mystérieuse qui rôde, des créatures inconnues, mortellement hostiles (ou se vengeant de la désinvolte cruauté de l’homme). Les fins sont en général plutôt ouvertes, l’incertitude plane sur le pourquoi du comment, les origines de certaines circonstances ; l’auteur joue énormément sur les atmosphères, comme une menace voilée et abstraite n’en est que plus oppressante… Plutôt que dans un développement très complexe et élaboré, l’intérêt de ces histoires réside dans les réactions qu’elles provoquent chez le lecteur, l’angoisse, voire l’horreur. Ce sont des fragments où les personnages se trouvent le plus souvent confrontés à ce qui les dépasse. (Ce qui est également, bien sûr, assez révélateur de la nature humaine.) Pas ici de rassurante résolution, la menace continue bien souvent à rôder et le doute plane.

Un peu pour cette raison, j’ai préféré les nouvelles où cette atmosphère angoissante était la plus prédominante, formant véritablement le cœur de l’intrigue. La nouvelle sur l’invasion des fourmis et celle du virus meurtrier transmis par email m’ont donné le frisson. Les plus réalistes, comme celle sur la jeune femme souffrant d’une paranoïa dévorante, étaient également intéressantes. J’ai moins apprécié, par exemple, la nouvelle post-apocalyptique, froidement lucide sur les travers de l’humanité mais touchant à un genre qui a tellement été écrit auparavant — ou celle où l’ensemble de la population féminine se trouve exterminée par le virus d’un savant fou, thème qui a cependant le mérite de vous interloquer !

La lecture est plutôt fluide, malgré quelques fautes qui mériteraient une relecture plus approfondie.

Je donnerais trois étoiles. Intéressant pour un petit moment de lecture… et un peu de frisson !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s