Chronique de lecture : La Tentation de la pseudo-réciproque de Kylie Ravera

Bonjour à tous ! Chronique du jour : La Tentation de la pseudo-réciproque de Kylie Ravera, roman autopublié et premier tome de toute une série.

Déjà, le titre et la couverture ne pouvaient que m’intriguer. La description aussi, au point que je vous laisse en juger par vous-mêmes :

Peter Agor en est persuadé, élève en Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles Scientifiques, à la base, est une activité à plein temps. Surtout dans un grand lycée prestigieux de la capitale qui a pour but avoué de former les élites de la Nation. Surtout quand le prof de math, qui a sur ses élèves un droit de vie ou de mort, a décidé qu’il avait une dent contre vous. Surtout quand on a l’impression d’avoir à la place du cerveau un marshmallow moisi. Alors, quand l’occasion se présente, est-ce bien raisonnable de se lancer dans une enquête policière aux côtés d’une jeune détective privée pour le moins atypique mais néanmoins charmante? Avec le risque de découvrir, à la fin de l’histoire, bien plus que la simple solution de l’énigme…

Ce premier tome devrait plaire à :
– ceux qui ont fait ou comptent faire une prépa
– ceux qui n’ont aucune idée de ce qu’est une prépa mais qui aimeraient bien en savoir plus
– ceux qui aiment les romans policiers avec des morceaux de complots dedans
– ceux qui aiment les histoires d’amour
– ceux qui ne sont pas allergiques aux poils de chat.

 

Biographie de l’auteur

En dépit d’un bac scientifique, de trois années de classe préparatoire aux grandes écoles, d’un diplôme d’ingénieur et d’un vrai travail sérieux dans les télécommunications, Kylie Ravera s’est investie dans l’écriture d’une saga scientifico-humoristico-policière au titre énigmatique mais qui sonne bien – La tentation de la pseudo-réciproque. Elle vit actuellement en Bretagne, sur un terrain qu’elle partage avec une famille de lapins.

Croquignole, non ? Personnellement, ça m’a donné envie d’en savoir plus. Et je ne l’ai pas regretté : j’ai presque éclaté de rire au bout du premier paragraphe. Bonne amorce, et la suite y est restée fidèle. Une dérision constante, servie par un style à la richesse évidente, qui choisit de jouer à fond la carte de l’humour et n’en perd pas une goutte de sa qualité. L’absurde est au programme ; il y a un chapitre du point de vue de deux chats, dénommés Bazooka et Kalashnikov. C’est assez irrésistible.

L’histoire, elle aussi, tient bien ses promesses. J’ai été assez amusée et intéressée par le portrait fait de la prépa, en ayant beaucoup entendu parler par un ami qui avait fait ce choix visiblement aussi courageux que masochiste. Conclusion : c’est le bagne, mais un bagne qui vaut la douleur qu’il vous impose — ce que ne manquent pas de faire valoir les personnages qui n’y ont pas eu accès, et disposent donc d’un point de vue extérieur par rapport aux élèves en constante crise de nerfs. Le personnage, d’abord au bout du bout, a une évolution intéressante à cet égard et finit par persévérer malgré les difficultés. Bon point pour le cadre, donc. De plus, l’auteur tire parti à fond de sa propre expérience en ajoutant à l’ensemble un mélange de culture scientifique et littéraire qui n’est pas là pour faire joli, mais fait partie intégrante de l’intrigue. Vous cherchez encore comment trouver un intérêt dans un problème de physique ou une analyse de texte ? Ne cherchez plus.

L’intrigue, justement, est délicieusement tortueuse. L’enchaînement de circonstances menant le personnage à se retrouver entraîné dans un bien étrange mystère est plutôt bien pensé ; l’ensemble des faits est franchement tordu, et la charismatique détective Éléanore peut l’être également pour obtenir ce qu’elle veut, tout en finesse et en manipulation si nécessaire. J’ai adoré les personnages secondaires qui l’entouraient : l’intimidant géant Montparnasse Bienvenue (dit Monty), et la voyante Madame Zita, dont la profession prête tout d’abord à confusion… L’auteur s’amuse sans vergogne avec la mise en abyme, calquant chaque meurtre sur un roman-feuilleton rédigé par un certain Killer Avera… Ledit feuilleton est associé à un poème pour le moins étrange, ou plutôt un assemblage de poèmes, qui laisse pantois le lecteur aussi bien que les protagonistes. Jusqu’à ce qu’Éléanore parvienne finalement à en tirer du sens… Et ce sens, il fallait aller le chercher !

Le dénouement, bien qu’étonnant, n’est pas un coup de théâtre à la “j’aurais soupçonné tout le monde sauf lui/elle !”. Plus que dans la capacité du lecteur à trouver lui-même le coupable, l’intérêt réside dans l’originalité de l’idée et du déroulement, ainsi que dans les péripéties dans lesquelles Peter se retrouve entraîné. Rebondissements et surprises ne manquent pas ; c’est un complexe ensemble de circonstances qui se démêle et se révèle peu à peu.

Enfin, tout en nous donnant le fin mot du présent mystère, l’auteur prend soin de laisser planer l’incertitude sur le sort de quelques personnages clés, attisant la curiosité du lecteur… Pour donner envie de lire le tome 2, c’est réussi !

« Atypique » est, selon moi, le terme qui résume le mieux tout cela. Des romans comme celui-ci, j’en avais rarement lus !

Voici pour cette chronique. À suivre : L’Étranglée de la Porte Saint-Martin de Jules Lermina, que j’ai déjà presque terminé… Puis le recueil de nouvelles autopubliées Amertume de Guillaume Vaumartin, et Pétronille d’Amélie Nothomb. Je me fais violence pour ne pas réfléchir déjà au suivant, les grandes listes d’attente m’attirent et me stressent à la fois !

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